Hausse des tarifs du gaz et de l’électricité : comment mieux maîtriser sa facture énergétique ?

+ 4,4 % en juin, + 10 % en juillet, + 5,3 % en août… Les tarifs réglementés du gaz semblent ne plus vouloir s’arrêter de grimper, tout comme ceux de l'électricité, alors que nous ne sommes même pas encore entrés dans la saison de forte demande en France. Mais alors, comment faire pour subir le moins possible cette inflation ? La mixité des énergies serait-elle une clé ? 

Gaz : une augmentation à remettre en perspective sur 32 mois 

La nouvelle hausse du prix du gaz de + 5,3 %* au 1er août 2021 survient après plusieurs hausses successives. Une hausse qui parait d’autant plus brutale que les abonnés français avaient pris l’habitude de voir le tarif du gaz diminuer jusqu’en juillet 2020, dans les six premiers mois de la crise du COVID.

Lissée sur 32 mois, soit depuis le 1er janvier 2019, l’évolution des tarifs réglementés pour le gaz parait moins impressionnante, mais affiche + 6,5 % d’augmentation tout de même… 

*Hausse moyenne. Cette hausse est de 1,6 % pour les clients utilisant le gaz pour la cuisson, de 3,3 % pour ceux ayant un double usage, cuisson et eau chaude, et de 5,5 % pour les foyers se chauffant au gaz. Si les tarifs réglementés sont concernés par cette hausse, les autres fournisseurs de gaz vont aussi suivre cette tendance. Mis à part les ménages qui ont contracté une offre à prix fixe, tous les utilisateurs français de gaz sont concernés.  

L’électricité également en hausse 

La reprise économique mondiale et la forte demande de gaz en Asie impactent aussi les tarifs de l’électricité, dont le cours est indexé à ceux du gaz et du pétrole. Pour les particuliers, c’est une hausse de + 0,48 % qui vient de passer pour le tarif de l’électricité. Une hausse relativement faible mais qui s’inscrit dans une tendance de long terme et qui ne semble pas prête de s’inverser. En 10 ans, l’électricité a vu son prix s’envoler d’environ 50 %.

Courbes d’évolution du gaz et de l’électricité d’août 2020 à août 2021 : 

Courbes d'évolution des prix du gaz et de l'électricité entre août 2020 et août 2021. Issue du site energie-info.fr

Infographie issue du site energie-info.fr, le site d'information du médiateur national de l'énergie, autorité publique indépendante.

« Les prix du marché sont en explosion en ce moment, puisqu’on est passé en quelques mois de 40 euros du mégawattheure (avant la crise, NDLR) à 72 euros », relevait fin juin auprès de l’Agence France-Presse Frank Roubanovitch, le président du Comité de liaison des entreprises consommatrices d’électricité (CLEEE). 

Et dans le contexte actuel, difficile de voir loin. La fluctuation des cours rend imprévisible l’évolution du prix de nos énergies. Un constat fait néanmoins l’unanimité : à court, moyen et long terme, l’énergie va de plus en plus peser dans le budget des Français. L’enjeu est donc le suivant : comment mieux maitriser ses dépenses énergétiques ? 

De l’intérêt du mix énergétique 

En 2020, la consommation énergétique d’un ménage se répartissait de la façon suivante pour un budget moyen annuel de 2900 € (8,5 % de son budget - chiffres ADEME) : 

• 66 % pour le chauffage 
• 11 % pour l’eau chaude sanitaire (ECS) 
• 17 % pour l’alimentation d’appareils électroménagers et multimédia 
• 5 % pour la cuisson des aliments 

Si le chauffage reste le premier poste de dépense énergétique du foyer, cette part tend à diminuer au fil des années. Porté par les réglementations thermiques RT 2005, RT 2012 et la nouvelle RE 2020, par une isolation et des solutions de chauffage de plus en plus performantes, par des comportements de consommation plus vertueux, stimulé par des aides financières en faveur des travaux de rénovation énergétique, l’habitat neuf ou rénové devient plus performant et de moins en moins gourmand en chauffage

Pour autant, et compte tenu du contexte d’instabilité sur le marché des énergies (le prix du gaz et de l’électricité augmentent, le fioul est amené à disparaitre dans les prochaines années), il n’est pas conseillé d’opter pour une énergie de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire unique. Diversifier son bouquet présente plusieurs intérêts, dont celui de ne pas dépendre d’une seule source d’énergie. 

Combiner les énergies offre à la fois une sécurité d’usage (en cas de panne ou de rupture d’approvisionnement par exemple) et peut constituer une variable d’ajustement en cas de hausse brutale du tarif d’une énergie. 

Quelles énergies coupler pour le chauffage et la production d’ECS ? 

Plusieurs combinaisons sont possibles : une chaudière fioul avec un poêle à bois, une PAC (électricité) avec un poêle à granulés, ou encore une chaudière gaz condensation avec un système de distribution AIRWOOD Sunwood (bois + solaire)… 

Dans ces trois configurations, le bois (dont les tarifs sont plus stables que les autres énergies) voire le solaire (gratuit) vous permettent d’ajuster ponctuellement un besoin en chauffage, de retarder l’allumage du système avant la saison hivernale, ou de prolonger confortablement vos soirées d'hiver sans surconsommer d’énergie fossile ou d’électricité. Dans de nombreuses situations, le bois énergie semble être l'énergie d’appoint idoine… Et peut même devenir dans certains cas la source principale de chauffage

Toujours plus d’électricité pour nos équipements 

Elle a beau être l’énergie la plus chère du marché, l’électricité occupe de plus en plus de place dans notre consommation d’énergie. Comme le révèle l’ADEME, notre consommation domestique d’électricité a bondi de 40 % en moyenne par ménage depuis 1990. La faute à toujours plus d’équipements électriques et électroniques, 100 en moyenne par foyer... Sans compter l'actuel développement des voitures électriques ! 

La part grandissante de l’électricité pour nos besoins quotidiens combinée à l’ascension vertigineuse de son coût constituent deux bonnes raisons de ne pas tout miser sur le tout-électrique pour le chauffage mais bien de favoriser la mixité des sources. 

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